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Rentrée littéraire ? Vous avez dit, rentrée LITTÉRAIRE ?

05 Oct

Bookart Alicia MartinBien sûr ne nous leurrons pas, elle vient après la crise, les sénatoriales ou les « Primaires », mais, dans la rubrique « culture », avec les sorties cinématographiques, les médias ne parlent que d’elle : « La rentrée littéraire ». On l’évoque à la télévision, sur le net, à la radio, dans les journaux ou dans les magazines.

Mais attention ! Cher spectateur (« trice »), auditeur (« trice »), et surtout lecteur (« trice »), mes frères, mes sœurs, il y a tromperie sur la marchandise ! La rentrée littéraire n’existe pas !

Il ne s’agit que de « la rentrée romanesque », ro-ma-nes-que, vous dis-je !

Et la poésie, alors ! Et les essais ! Le théâtre ! Circulez, vous dis-je, il n’y a rien à lire ! Même les nouvelles sont passées à la trappe ! D’ailleurs, la poésie, parlons-en ; la poésie de quoi se plaint-elle ? Sa saison à elle, c’est le printemps. Il y a bien le « printemps des poètes ». Non ! Alors vous voyez bien !…

Et voilà des romans à la pelle, j’allais dire à la benne ! Des longs, des courts, des léchés, des bâclés, des construits, des décousus, des classiques, des modernes et même des hypermodernes. Plus de 450 romans français, vous dis-je cette année – à dégueuler d’indigestion mais attendez combien en  restera-t-il du « cru 2011 », l’an prochain ? Plus de 450 romans ! Alors, il n’y a pas de place pour tout le monde et heureusement : implacable, le pilon attend son heure.

Et de quoi parle-t-on dans ce fatras romanesque, monstrueux ? Eh bien le plus souvent, même sous le couvert commode des mots galvaudés de « romans » ou de « fictions », l’on y parle de soi, ou à travers les événements, ou à travers la famille, ou à travers un autre qui sert de prétexte et même, comble du luxe, à travers soi-même ! Bref, c’est le triomphe du « tout à l’égo » ! C’est comme si – définitivement – l’enfer était devenu les autres et dans tout cela, pas de place pour la moindre fibre sociale ni pour le moindre souffle épique. On se contente d’un murmure ou d’un chuchotement.

Quelques auteurs attitrés savent tirer leur épingle du jeu de massacre. Citons par exemple le petit opus annuel de notre chère Amélie Nothomb qui fera, n’en doutons pas, un succès. C’est frais, c’est gouleyant… Et cela s’oublie vite. Cette dame – sympathique au demeurant – semble être à la littérature, pardon au roman, ce que le beaujolais nouveau est à l’œnologie.

Alors la littérature ? Eh bien tout le monde s’en moque. Pour les éditeurs, comme pour les critiques, le roman est devenu « un business », pour les journalistes un sujet de « saison », et pour le public, il est devenu « un produit » ou même un médicament qui sert à s’endormir. Alors, on entend couramment : « Donnez-moi un bon roman, pas trop difficile à lire », comme on entend chez le crémier : « Donnez-moi un bon fromage mais pas trop fait ».

Alors ? Alors… ? Ronsard, Rimbaud, Saint John Perse, Racine, Beaumarchais, Koltès, La Fontaine, Montesquieu, Foucault et tous les autres, réveillez-vous ! Ils sont devenus fous !

Et s’ils ne bougeaient pas, me direz-vous ? Et bien allez-voir ailleurs… J’y suis !!!

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Illustration : Œuvre de Alicia Martin

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Publié par le 5 octobre 2011 dans Billets d'humeur

 

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